Communiqué de presse


Conçu comme l'acte 2 de l'exposition «Gardons nos illusions» présentée en 2008 au MAMCO à Genève, le projet spécifique de Philippe Ramette au Centre régional d'art contemporain à Sète associe un ensemble conséquent d'oeuvres créées spécialement pour l'exposition à un choix d'oeuvres existantes.

A travers un projet surprenant faisant la part belle à la sculpture et aux installations, Philippe Ramette s'aventure là où on ne l'attend pas, en explorant de nouveaux territoires, avec la poésie et la justesse qui lui sont propres. Le projet est directement lié au regard de l’artiste stimulé par son exposition Gardons nos illusions en 2008 au Mamco à Genève.

En parallèle à l'univers visuel qu'il déploie dans les espaces du Crac pour son projet monographique, Philippe Ramette a invité l'artiste suisse Denis Savary. A partir d'interventions singulières, Denis Savary a transformé l'ensemble du bâtiment en un instrument monumental qui fait écho aux propositions de Philippe Ramette, en intervenant sur la perception physique et sensorielle des oeuvres et des espaces.

Exposition monographique avec interventions de Denis Savary, en complicité avec l'artiste.





























Manifestation du 8 juillet au 2 octobre 2011. Centre régional d’art contemporain Languedoc-Roussillon, 26 quai Aspirant Herber - 34200 Sète. Tél.: +33 (0)4 67 74 94 37. Ouverture tous les jours sauf le mardi de 12h30 à 19h, samedi et dimanche de 14h à 19h.





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Philippe Ramette, La traversée du miroir

Ci-contre :
Philippe Ramette,La traversée du miroir (image arrêtée),
2007. Photo Marc Domage © Philippe Ramette. Courtoisie Galerie Xippas











Philippe Ramette,La traversée du miroir (image arrêtée), 2007. Photo Marc Domage © Philippe Ramette. Courtoisie Galerie Xippas

Extraits du livret d’exposition (texte de Céline Mélissent)

Suspendue dans les airs, une ligne court et traverse l’espace des deux premières salles d’exposition. Cette pièce pourrait s’imaginer en extérieur. Entre autres métaphores,les funambules que nous sommes (en permanence sur le fil) empruntent avec plus ou moins d’acuité le chemin sinueux de la vie.

Dans l’intervalle entre passé et futur, la sculpture La traversée du miroir (image arrêtée) s’empare du regard, nous regarde et se trouve investie elle-aussi d’une réalité quasi-magique en dépit de la rationalité effective des images. L’intemporalité du miroir fascine tout comme le double symétrique réfléchi. Dans le face à face, le simple écho révèle une altérité radicale à laquelle nous nous identifions, vérité de notre propre figure. Paradoxalement par effet de projection, la « sculpture de soi » met à distance en même temps qu’elle permet de s’approprier son « exposition ».

Des contradictions apparaissent ostensiblement dans le Portrait tragi-comique et la « Sculpture qui erre ». A l’hyperréalisme de l’un répond la silhouette furtive de l’autre. Philippe Ramette s’est exercé au mélange des genres en réunissant sur un même faciès deux sentiments opposés, le rire et le pleur. Incongrue, « l’expression » impossible à tenir met en scène un dérèglement des sens proche de la folie et condense l’irrationalité des réactions humaines.

Le passage dans l’exposition se fait ici vers l’Espace d’anticipation. L’oeuvre à tous les attributs d’une salle d’attente, bancs inconfortables alignés, horloge, lumière froide. D’esthétique austère, l’ensemble renvoie aux normes sociales et culturelles. Invité à s’asseoir, le spectateur peut choisir d’expérimenter l’installation et décider ce qu’il en fait.

Les événements à venir sont suggérés par la Sculpture déboulonnable, dernière pièce présentée au rez-de-chaussée du centre d’art. Il s’agit de la représentation sur socle d’un personnage méconnaissable, en attente de visage,à la tenue un tant soit peu dictatoriale. La particularité du prototype vient surtout du fait qu’un pré-cassage a été opéré au point le plus fragile, en vue d’un éventuel déboulonnage. [...] La figure de domination portée par l’histoire ou par la possibilité d’une histoire devient sur fond de drame latent symbole d’une libération potentielle.

Par un système mécanique simple, Trait d’union fait le lien entre différents espaces de l’exposition. Conçus par Philippe Ramette de Denis Savary, plusieurs de ces objets traversent les cloisons et les niveaux et invitent qui le souhaite à échanger l’intimité d’une parole sans forcément savoir qui se trouve à l’autre extrémité du dispositif. Un Trait d’union relie le rez-de-chaussée à l’étage, où se trouvent deux oeuvres « provisoires », du moins dans l’esprit.

L’Ombre de moi-même étale au sol la silhouette de l’artiste « disparu », dont la dépouille se résume à un costume vide. Sa présence est totalement irréelle, puisque aucun corps n’arrête la lumière alors même qu’il se mesure à son ombre. Outre qu’elle ouvre à toutes les fantasmagories, l’image renversée rappelle qu’il est question dans cette exposition de mettre en discrétion la figure récurrente et emblématique de l’homme en costume.

La Sculpture sécable participe a priori du même souci ; éphémère, elle préfigure en effet un corps « médicament, sécable lui aussi et a fortiori soluble. Un peu plus loin l’habit se transforme en Marionnette. Cette pièce fait partie des objets prothèses produits par l’artiste dans les années 1990 où prône l’idée de leur possible utilisation et de leur effet en termes de transformation mentale. Un procédé consenti pour chercher à se posséder dans l’extrême aliénation, en opposant puissance vitale et force mortifère.

En face, quelqu’un semble se cacher comme il peut, des pieds dépassent d’un rideau blanc. On peut voir en s’approchant que derrière son camouflage, la personne regarde qui arrive (Sans titre, le voyeur). L’humour et l’absurdité de la scène s’inspirent du film de Terry Jones, Monty Python : La vie de Brian. A nouveau,il est question de quiproquos, de naïveté et de leurre, de décalage entre humour et peur, pour s’en prendre aux croyances aveugles et aux conditionnements.

Archives expositions personnelles France

  Philippe Ramette, La traversée du miroir
  CRAC Languedoc-Roussillon, Sète
  08.07 - 02.10.2011

Archives expositions personnelles (R)